🔴Précarité en France : quinze années d’aggravation sociale et les revendications de Force Ouvrière
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Une précarité qui s’installe durablement

Depuis plus d’une décennie, les indicateurs sociaux montrent une réalité préoccupante : la précarité progresse en France. Derrière les statistiques, il y a des salariés, des retraités, des familles monoparentales, des jeunes actifs ou encore des personnes privées d’emploi confrontés à des difficultés croissantes pour se loger, se nourrir, se soigner ou simplement finir le mois.
Alors que certains indicateurs économiques nationaux peuvent donner l’impression d’une relative stabilité, le terrain révèle une autre réalité : celle d’une fragilisation progressive des conditions de vie d’une partie importante de la population.
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Une hausse continue de la pauvreté
En 2010, la France comptait environ 8,6 millions de personnes vivant sous le seuil de pauvreté, soit 14,1 % de la population.
En 2023 :
- 9,8 millions de personnes vivent sous le seuil de pauvreté ;
- soit 15,4 % de la population française.
Le seuil de pauvreté est passé :
- de 964 € par mois en 2010
- à 1 288 € par mois en 2023.
Cette évolution illustre une réalité de plus en plus visible : avoir un emploi ne protège plus systématiquement de la précarité.
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Le nombre de personnes sans domicile explose
L’un des marqueurs les plus visibles de cette crise sociale reste l’explosion du nombre de personnes sans domicile.
En 2012 :
- 143 000 personnes sans domicile
En 2025 :
- 350 000 personnes sans domicile selon les estimations de la Fondation pour le Logement des Défavorisés.
Cela représente une augmentation d’environ 145 % en treize ans.
Cette hausse s’explique notamment par :
- l’augmentation du coût du logement ;
- la hausse des loyers ;
- l’inflation énergétique ;
- la saturation des dispositifs d’hébergement ;
- la précarisation de l’emploi.
Le phénomène touche désormais de plus en plus de familles et de travailleurs pauvres.
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Une population toujours plus nombreuse à ne plus finir le mois
Selon l’INSEE :
- 21,4 % des ménages déclarent avoir des difficultés à finir le mois en 2024 ;
- 8,6 millions de personnes sont en situation de privation matérielle et sociale.
Cette privation peut signifier :
- renoncer à certains soins ;
- ne pas pouvoir chauffer correctement son logement ;
- ne pas pouvoir faire face à une dépense imprévue ;
- limiter certains achats alimentaires ;
- ne pas pouvoir partir en vacances.
La précarité dépasse désormais largement la seule question du chômage.
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Des expulsions locatives à un niveau historique
La crise du logement se reflète également dans l’explosion des expulsions.
En 2024 :
- 24 556 ménages ont été expulsés avec le concours de la force publique ;
- soit environ 50 000 personnes concernées.
Il s’agit d’un record historique.
Plusieurs acteurs associatifs et syndicaux alertent sur les conséquences sociales de cette situation :
- augmentation des loyers ;
- inflation ;
- hausse des charges ;
- insuffisance de logements accessibles ;
- durcissement de certaines procédures d’expulsion.
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Ce que revendique Force Ouvrière
Face à cette dégradation sociale, Force Ouvrière défend plusieurs revendications récurrentes autour du pouvoir d’achat, du logement et de la protection sociale.
FO revendique notamment :
Une augmentation réelle des salaires
Pour FO, la réponse à la précarité passe d’abord par :
- l’augmentation générale des salaires ;
- la revalorisation du SMIC ;
- l’ouverture de négociations salariales permettant de compenser l’inflation ;
- la défense du pouvoir d’achat.
FO considère que les aides ponctuelles ne peuvent remplacer des hausses durables de rémunération.
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Le droit à un logement digne et accessible
FO estime que le logement constitue un droit fondamental.
L’organisation réclame notamment :
- davantage de logements sociaux ;
- le renforcement d’Action Logement ;
- le maintien et le renforcement des aides au logement ;
- des mesures fortes face à la crise du logement.
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La lutte contre les expulsions locatives
Par l’intermédiaire notamment de l’AFOC, FO défend :
- une meilleure protection des locataires ;
- le maintien dans les lieux ;
- un encadrement des charges ;
- le développement du logement social ;
- des dispositifs permettant d’éviter les expulsions liées à la précarité économique.
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Le renforcement des services publics et de la protection sociale
FO alerte régulièrement sur :
- le recul des services publics ;
- les difficultés d’accès aux soins ;
- les inégalités territoriales ;
- la fragilisation de la Sécurité sociale ;
- les conséquences sociales de l’austérité budgétaire.
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Une question désormais centrale
Lorsque près de 10 millions de personnes vivent sous le seuil de pauvreté, que le nombre de personnes sans domicile a plus que doublé en une décennie et que les expulsions atteignent des niveaux records, la précarité ne peut plus être considérée comme un phénomène marginal.
Elle devient un enjeu majeur de cohésion sociale, de santé publique, de démocratie et de dignité humaine.
Derrière chaque statistique, il y a une réalité concrète : celle de personnes qui tentent simplement de vivre, de travailler, de se loger et de construire un avenir dans un contexte de plus en plus difficile.
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Sources
INSEE — Pauvreté monétaire
INSEE — Conditions de vie et privation matérielle et sociale
Fondation pour le Logement des Défavorisés
Ministère de la Justice
Le Monde — Expulsions locatives record
Force Ouvrière — Crise du logement
AFOC — Revendications logement social et protection des locataires





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